HIT PARADER

Accueil Remonter


 

HIT PARADER February 1967

 

     

Otis Redding à Londres

émission "Ready Steady Go ! " du 16 septembre 1966
 

 par Miranda Ward  (traduction Maxime Botella - 01/2008)

 

Lorsque Otis Redding est venu ici, l’émission Ready, Steady, Go! avait bâti tout son programme autour de lui. On avait alors utilisé son groupe (seulement neuf membres avaient fait le voyage mais ils swinguaient !) pour accompagner ses deux invités Eric Burdon et Chris Farlowe, et bien sur Otis lui-même.

 Malheureusement tous les tickets réservés aux journalistes étaient déjà attribués lorsque je parvenais enfin à joindre les bureaux de Ready, Steady, Go! , mais heureusement pour moi, quand Eric Burdon apprit mon désarroi, il m’invita personnellement aux répétitions (merci Eric !).

 J’arrivais à Wembley en milieu d’après-midi et alors que j’attendais de rencontrer quelqu’un, je fus présenté à un américain qui était comme moi, assis à la réception… Je lui ai dit que je n’avais pas prévu d’aller voir Otis car il y avait déjà tellement de journalistes présents mais que c’était super d’être là et de pouvoir l’entendre en live.

 Quand j’arrivais dans le studio, celui-ci était bondé – même pour les répétitions ! Tellement de gens voulaient voir Otis en action.
 

 
Alors que je partais, à la fin des répétitions, je tombais sur mon nouveau copain américain… «  Viens avec moi, je vais te présenter mes amis… ils sont juste dehors, devant le studio et veulent rencontrer la nana du Hit Parader à Londres. ». J’avais entendu plusieurs fois combien le Hit Parader avait une bonne réputation chez les musiciens mais je n’en avais jamais eu une preuve aussi évidente !

 Il se trouva que mon ami américain était un officiel de chez Atlantic Records, et ses amis ? – OUI ! – Otis et son manager personnel Phil (Walden) !

 Quand ils apprirent que j’allais partir car je n’avais pas obtenu de pass pour l’émission, ils insistèrent pour que je reste et me dirent qu’ils allaient me faire passer clandestinement avec eux.

 Inutile de préciser que l’atmosphère pour l’enregistrement dans le studio était incroyable… Otis  fit swinguer tout le studio !

 Il commença avec « Satisfaction » puis enchaîna tout de suite sur « Barefootin’ » et, alors que des danseuses arrivaient pour un numéro sexy, il se lança dans « My Girl » (Ready, Steady, Go! a maintenant 3 danseuses et elles effectuent quelques numéros chaque semaine).
 

 
Puis il nous présenta « un gars formidable, un de mes bons amis, c’est votre ami aussi… Eric Burdon ! »… qui se lança directement dans « Hold On I’m Comin’ »… mais je dois dire ici qu’il avait un prompteur devant lui car il n’était pas sûr à 100% des paroles !

 Après la pause, Eric était encore là, cette fois interviewé par Cathy McGowan… avec qui il s’extasia sur Otis ! Puis arriva Chris Farlowe avec une version assommante de « It’s A Man’s World », suivi d’Otis encore avec « Pain In My Heart », « I Cant Turn You Loose » (avec le retour des danseuses) et un final avec Eric et Chris qui le rejoignaient sur « Land Of 1000 Dances » mélangé avec « Shake ». C’était la fin !
 

 
Après le show ils jouaient encore dans un club en dehors de Londres et me demandèrent si je voulais les suivre. Bien entendu je sautais sur l’occasion ! Quand on est sortis pour aller vers le bus, on découvrait que le groupe y était déjà assis et chacun bien emmitouflé dans des couvertures !...Ils prétendaient avoir froid bien que le chauffage fonctionnait. Ils ressemblaient à une bande de squaws ou… des eskimos !

 Otis m’a alors présentée à tous puis nous nous sommes assis et, entre tous les sujets de conversation pouvant exister, nous avons parlé… d’équitation ! Il me dit que sa résidence principale était Round Oak. Environ à 24 miles de Macon en Géorgie où il se rend dès qu’il peut. Il y pratique énormément l’équitation, il a ses propres écuries.
 


 

 Ready, Steady, Go! a été très épuisant (même simplement à regarder !) et lentement tout le monde somnolait – mais pas avant que Bobby Holloway m’ait pris en photo bavardant avec Otis.
 


Bobby Holloway
 

 On arrivait au Carousel Club après environ une heure et demi de route pour se rendre compte de l’agitation à l’apparition d’Otis. Avant le show, le management nous a gentiment proposés des Coca-Cola, du lait et des hamburgers. Tout a vite disparu car personne n’avait beaucoup mangé ce jour là !

 Malheureusement la scène étant assez petite, Otis était bien à l’étroit. Mais comme tout le monde l’entourait – et en fait parce qu’Otis est si fantastique – il déclencha une grande excitation. Le public en demandait encore plus quand il partait vers sa loge et comme il ne pouvait s’y rendre en traversant le public, il dut revenir faire un rappel !

 Après quelques difficultés, le management parvint à le sortir de scène en le faisant passer au milieu des fans pour ensuite le faire monter dans sa loge !

 Plus personne ne somnolait sur le chemin du retour, tout le monde tombait de sommeil ! Je ne me suis réveillée que lorsque le chauffeur me laissa devant chez moi !

 Les deux nuits suivantes il ne jouait pas à Londres mais le vendredi il revenait en plein centre - Tiles sur Oxford Street pour être précis !

 Mais d’abord il fallait regarder Ready, Steady, Go! … malheureusement, bien que meilleur qu’à l’habitude, le programme ne parvenait pas à rendre sur l’écran de télévision l’ambiance extraordinaire du studio. L’écran est bien trop petit pour Otis et son groupe !

 Il fit deux concerts à Tiles – un à 22h30 et un autre à 1 heure du matin ! – les deux furent pleins à craquer (bien que je suspecte beaucoup de personnes d’être restées après le premier pour voir le deuxième).

 J’arrivais pour le second concert pour voir Otis et le groupe particulièrement fatigués – mais réjoui de recevoir un accueil si chaleureux. Après avoir dit bonjour à tous, je me faufilais au devant de la scène pour regarder…

 Je n’ai pas besoin de dire que ce fut fantastique… il joua ses titres habituels notamment ceux que j’avais vus quelques heures auparavant à la télévision dans Ready, Steady, Go!...

 Après le show tout le monde resta pour boire un coup et bavarder, le pauvre Otis était entouré de journalistes et de photographes… Finalement, une fois après avoir dit au revoir, chacun prit un chemin différent dans la nuit.

 Je me pointais alors dans un petit club dans le coin – Knuckles – pour un dernier verre avant de me coucher. Je tombais alors sur Tom Jones qui avait eu la même idée que moi, il avait aussi été voir Otis à Tiles… « Il est vraiment fantastique !... il n’y a rien à y ajouter ! ».

 Rien à ajouter, sauf que j’approuvais complètement et de tout mon cœur.
 

Miranda Ward
 

lire l'article sur le concert de Tiles

 


voir la vidéo "My Girl"  sur YouTube

http://www.youtube.com/watch?v=0xBcpq2Dn3g

 

 


voir aussi l'article de juin 1968

 

Accueil Remonter